Ami ou ennemi?

juillet 18, 2021by Mathias Domahidy0

Le jardinage traditionnel nous a habitué à catégoriser de manière binaire le vivant. Ainsi se divisent les amis et les ennemis que nous nommons allégrement parasites, nuisibles ou mauvaises herbes. Les magasins de jardinages regorgent de produits destinés à leur éradication (toujours temporaires). Cependant, ces animaux et ces végétaux, si l’on s’arrête un peu, peuvent se révéler, non seulement des alliés mais également des baromètres précis de l’état de la biodiversité ou de la qualité du sol.

 

Rome ne s’est pas créée en un jour

green grass field under white sky during daytime

Je ne néglige en rien les ravages causés par les limaces et les pucerons. Mais je compte bien dans cet article réhabiliter ces espèces. Il s’agit de sortir du carcan de la binarité pour concevoir l’écosystème comme un tout en interaction. Comme Rome, un biotope fonctionnel ne se crée pas en un jour. A nouveau, l’exemple de la forêt ou de la prairie sauvage nous montre que la nature, dans tous ces intervenants vivants s’autorégule très bien. Votre jardin prendra du temps pour tendre le plus possible vers une relative autonomie. En attendant, il vous faudra évidemment intervenir contre les limaces, les pucerons, la mouche de la carotte ou les campagnols. Nous verrons à quoi servent ces animaux mais également comment s’en prévenir sans éradication et sans pesticide.

 

Les mammifères

black wild boar on brown dried leaves

Je ne m’attarderai pas trop sur les mammifères ( campagnols, taupes, voire en lisière de champs ou de forêt, lapin, blaireau ou sanglier). Les haies, les arbres représentent les meilleures premières lignes, tant pour les empêcher d’entrer que pour favoriser la venue de leurs prédateurs naturels tels les rapaces ou les pies et les corbeaux. La présence d’un chat et/ou d’un chien fera également son office.

 

Les gastéropodes

brown snail on green grass

En ces temps pluvieux, j’imagine que vous avez à faire face avec des bans d’escargots et de limaces affamées. C’est du moins le cas chez moi. Malgré son aspect visqueux qui peu paraître rebutant et son appétit sans borne pour les jeune pousse de salade, la limace est également un allié du potager. En s’attaquant aux plantes les plus faibles, elle contribue à réguler certaines maladies. Ses excrétions nourrissent le sol en azote et en phosphore. De plus elle a un rôle important dans la formation de l’humus et elle transporte les spores des champignons. Nonobstant tout cela et en attendant que ses prédateurs naturels (crapauds, hérissons, oiseaux, carabes,..) ne s’installent dans votre jardin, voici quelques astuces pour protéger vos courgettes.

sheep on grassfield

La laine de mouton ou des boulettes de laine autour de vos plants peut faire l’affaire. La limace ne parvenant pas à ramper dessus. De plus la laine peut faire office de paillis et, en se dégradant fertiliser le sol. Elle n’aime pas non plus le cuivre ni l’odeur du marc de café.

 

 

brown coffee beans on white plastic pack

Cela dit, le marc est à utiliser avec parcimonie, la caféine perturbant le développement des bactéries vitales pour le sol. Si vous avez des plantes en pot, ce qui fonctionne très bien, c’est de les placer sur des soucoupes remplies d’eau. Cela dit, pour ma part, j’ai décidé de les nourrir en plantant plus que ce dont j’ai réellement besoin. Des barrières de radis ou de salades autour des courges et des courgettes et tout le monde est content !

 

Les plantes compagnes

Globalement le mieux est de tendre à réguler la biodiversité et à attirer les prédateurs. Contre les pucerons, les doryphores ou le ver de la tomate existent toutes une séries de plantes ornementales ou aromatiques qui font parfaitement l’affaire. En voici une liste non exhaustive comprenant les plantes compagnes les plus efficaces. Je commencerai par l’œillet d’Inde souverain contre les pucerons, les nématodes, la piéride du chou et j’en passe. Il est également efficient contre les doryphores qui n’ont pas de prédateur naturel mais qui seront attirés par cette plante. Petit bémol néanmoins, l’œillet d’Inde est un aspirateur à gastéropodes…

macro photography of green aphid

J’ajouterai encore, comme plantes d’ornement précieuses dans la lutte contre ces insectes, la capucine qui attire également les merveilleuses coccinelles qui se délectent des pucerons. Le souci qu’apprécie les pollinisateurs et fait fuir les mouches blanches. La bourrache est efficace contre les limaces, les doryphores et les vers de la tomates.

pink and yellow flower in tilt shift lens

 

Il existe également toute une série de plantes aromatiques performantes contre ces « nuisibles » tout en étant jubilatoire en assaisonnement. Le basilic par exemple, énergique contre la mouche blanche, les doryphores ou les fourmis. La sauge quant à elle protège de la piéride du chou et des mouches en général.

green plant in black pot

Je pourrais continuer cette liste longtemps mais elle me semble suffisante pour commencer. Bien entendu, en plus de leurs actions protectrices, ces plantes sont belles et sentent bon. Elles embellissent, embaument et défendent votre potager ce qui n’est pas vraiment le cas des pesticides.

Les oiseaux

Je ne parlerai pas de ce que nous nommons les « mauvaises herbes » qui feront l’objet d’un autre article. Un dernier mot cependant sur les oiseaux. Personnellement je les adore, mais il est vrai qu’ils peuvent s’attaquer aux fruitiers (bourgeons et fruits) ainsi qu’aux légumes-feuilles genre le chou. Ne raffolant ni de ce qui brille de manière aléatoire ni du bruit en général, quelques vieux cd (si cela existe encore) ou des boîtes de conserve même rouillés, suspendues à un arbre ou à un piquet devraient suffire à les éloigner. Et à nouveau, chiens et chats peuvent également faire l’affaire. Par contre, le félin aura la fâcheuse tendance à s’attaquer aux espèces qui nidifient bas comme les mésanges ce qui, pour ma part, me peine un peu.

white and black bird on brown tree branch

J’espère que cet article aura pu éclaircir certaines méconnaissances sur des espèces que nous qualifions trop facilement de nuisibles. Ne devient « nuisibles » que ce qui prolifère de manière exponentielle et n’est pas régulé. Quand je parle de régulation, je ne présuppose pas nécessairement par la main de l’homme. Un écosystème sain tend à s’auto-réguler de lui-même. Ce que nous pouvons faire, c’est chercher à développer cette biodiversité, ne serait-ce qu’à l’échelle de notre jardin, quelle que soit sa taille. Je vous laisse donc planter quelques beaux œillets d’Inde, une belle sauge et un peu de basilic !

 

https://toitsalternatifs.fr/conseils-pratiques/permaculture-plantes-utiles-pour-proteger-son-potager/

https://www.un-jardin-bio.com/nuisibles-au-jardin/

http://jardinage.mr-bricolage.fr/les-plantes-et-les-fleurs-anti-insectes/

https://www.18h39.fr/articles/14-solutions-naturelles-et-tres-efficaces-pour-se-debarrasser-des-insectes-nuisibles-du-jardin.html

 

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